Place aux herbes

    Place Carnot
    Page   02 Déc 2020

    Le plan de la Bastide présente un vaste quadrilatère aux rues et traverses rectilignes, se coupant à angle droit, avec deux axes principaux, l'un orienté est-ouest, l'autre nord-sud. Au croisement de ces 2 voies, les arpenteurs royaux tracent une grande place. Après 1355 la place est réduite aux proportions que nous connaissons aujourd'hui. De ce fait sont créées les rues Pinel et de l'Aigle d'Or.
    Après l'incendie de 1622 qui a détruit plus de 150 maisons et les couverts bordant la place où étaient installés des commerces, la construction d'une nouvelle halle au blé (halles actuelles) sur le terrain de l'Officialité va permettre de dégager la place.
    Pendant la période révolutionnaire, le 27 décembre 1792, fut guillotinée Jeanne Establet, dite Jeanne la Noire accompagnée de deux de ses complices. 2 ans après, c'est le tour du curé Henri Beille, vicaire d'Alet, prêtre réfractaire, seule victime de la Terreur.

    Dénommée Place Impériale sous le Premier Empire, Place Royale sous la Restauration, puis Place Dauphine, place de la Liberté et place de la Révolution, place aux Herbes en 1852 et enfin Place Carnot en 1894.
    Au cours du XIXe siècle, la place fait l'objet de travaux de restauration et de modifications concernant entre autres, l'alignement des maisons côté est, la plantation d'arbres, la démolition des banquettes entourant la place, la pose aux quatre coins de candélabres-vasques (1887), l'éclairage au gaz, le pavage, etc…

    Sous la Monarchie, après l'effondrement d'une maison en 1843 et la vétusté des couverts, la Municipalité entreprend de restaurer entièrement le côté ouest de la Place. Ainsi est construite, une belle façade sur un plan régulier style pseudo-antique (Louis-Philippe).

    En 1913, le côté est de la place est mis en valeur par un bel immeuble construit à l'angle de la rue Barbès : l'hôtel de la Société Générale " un vrai monument décoratif " fait l'admiration de tous les Carcassonnais.
    Sur le haut de la façade sud, on peut voir la statue de Saint-Vincent de Paul (1894) qui constitue un des rares témoignages de l'architecture métallique subsistant à Carcassonne.
    C'est sur cette place que les Carcassonnais découvrent le cinématographe, en plein air, face au célèbre "Café Not", deux poteaux maintiennent une barre transversale sur laquelle est enroulée une toile blanche servant d'écran. La nuit venue, la toile est descendue, les spectateurs s'installent et, tout en consommant un rafraîchissement, assistent à la projection d'un film muet, mais passionnant.
    Henri Alaux – Carcassonne Ta Ville – novembre 1994.

    La fontaine
    La première fontaine construite au sud de la place au XVIIe siècle, vers 1675 est constituée d'un gros rocher supportant une statue de Neptune de " grandeur colossale ". L'eau se déverse du haut du rocher dans 4 vasques, elle coule aussi de la gueule de 4 chevaux marins surmontés d'un personnage mythologique, entre chaque cheval se trouve un dauphin. Un grand bassin reçoit les eaux qui se déversent par des rigoles dans les rues situées autour de la place.
    Le 28 juillet 1751, il est décidé l'édification d'une fontaine en marbre sur la place, le chantier est confié en 1752 au Sieur Barata, sculpteur italien. En 1759, le travail n'est toujours pas commencé et ce n'est que le 5 mai 1767 que le Sieur Barata, fils aîné, prend la suite des travaux pour les terminer le 3 juin 1771. Sur les quatre faces du monument sont gravées des inscriptions en latin, figurent également les armes de la Ville sur le côté nord et les armes de la France, côté sud.
    Inscriptions côté est : "Ut fugit unda fluens, fugiunt sic ludicra caecae munera fortunae, nec manet usque favens". "Comme fuit cette eau qui passe, ainsi s'enfuient les dons si précieux de la fortune aveugle".
    A l'occasion de la visite du Duc d'Orléans et de son épouse à Carcassonne, en 1839, la Municipalité organisa une fête populaire et la fontaine fut alimentée en vin rouge.

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