François-Paul Alibert

    (Carcassonne 18 mars 1873 – 23 juin 1953)

    Des études chez les frères à Toulouse puis au Lycée de Carcassonne furent suffisantes pour faire de François-Paul Alibert, à 17 ans, un agent de bureau à la Mairie de Carcassonne ; carrière obscure, vécue dans l'inquiétude –" Je tremble à chaque élection "- mais qui le conduisit au titre de secrétaire général. L'administration laissait assez de loisirs au jeune homme qui se fit une excellente culture classique dont toute son œuvre sera imprégnée. S'il commence très jeune à écrire, ce n'est qu'en 1907 qu'il publie L'arbre qui saigne, son premier recueil. Cette même année une rencontre allait donner à sa vie d'écrivain la force de se soutenir en dépit de la distance provinciale : à Bagnols-de-Grenade il fait la connaissance d'André Gide. Ils demeurèrent liés jusqu'à la mort. Gide organise chaque année un voyage au cours duquel ils partagent leurs découvertes littéraires et leur goût pour les amours " corydoniennes ". Entre temps, les deux hommes échangent une très riche correspondance que n'interrompit pas la mobilisation d'Alibert sur le front de Macédoine. Son œuvre –42 titres auxquels on peut ajouter deux récits érotiques publiés " sous le manteau " -a pris un caractère désuet alors que des contemporains très divers la placèrent longtemps à la hauteur de celle de Valéry, tant elles sont proches par leur culte de la forme classique. Retraité en 1933, F.P. Alibert va se consacrer totalement au Théâtre de la Cité dont il est devenu en 1930 le directeur c'est en plein air qu'il crée ses propres pièces –le Cyclope (1932) ; La mort d'Orphée (1934) –par lesquelles il espérait rendre au théâtre sa dignité antique, mais les aléas de la gestion lui causèrent les pires désagréments. Dans le monde intellectuel carcassonnais, Alibert a joué un rôle discret mais majeur ; plein de mépris pour les littérateurs régionalistes ou félibres tardifs qu'il appelait " fébriles ", il incarna pour ses cadets –Joë Bousquet, René Nelli….- la possibilité de faire œuvre sans quitter les lieux et les paysages natals dont il répéta inlassablement la lumineuse hellénité.
    D.F - Les Audois (ISBN 2-906442-07-0)

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