Famille Cros-Mayrevieille

    Page   26 Juin 2017

    Ancienne famille carcassonnaise qui avait ajouté à son nom celui de Mayrevieille, plaine où elle possédait une propriété.

    Jean-Pierre Cros-Mayrevieille (Carcassonne 31 août 1810 – Narbonne 16 octobre 1876) fit ses études de droit à Toulouse, mais élargit vite son horizon à l'histoire, à l'économie, voire à la politique puisqu'en 1837, il fonde avec Th. Marcou, l'Aude, Journal des progrès, tribune excellente pour exprimer ses vues sur tous les problèmes sociaux du moment. Dans le même temps, il impulse un syndicat agricole chargé de défendre les intérêts des propriétaires menacés par les crues de l'Aude, tout en écrivant la biographie de Félix Armand, l'héroïque curé de la Pierre-Lys. Ce souci permanent de fondre action en prise directe avec le réel et recherches les plus érudites donnent un relief original à une œuvre où se mêlent rapports sur le prix des céréales, observations sur les variations météorologiques, mémoires sur les cavernes tumulaires et des ouvrages historiques fondamentaux, dont l'Histoire du Comté et de la Vicomté de Carcassonne, qui contribuèrent à sa gloire, l'ancrant dans son entreprise la plus connue : le sauvetage de la Cité de Carcassonne. Emu, enfant par la démolition d'une tour qu'on livrait aux carriers, le secrétaire puis président de la Société des Arts et Sciences de Carcassonne qu'il devint sut, dès 1838, attirer l'attention des autorités sur cet ensemble prestigieux en proie au délabrement naturel et aux vandales. Sa découverte, dans l'église Saint-Nazaire, du monument funéraire de l'évêque Radulphe marqua le début d'une prise en considération qui se concrétisa avec la venue de Viollet-le-Duc à Carcassonne, puis par la décision de Napoléon III d'accorder les crédits nécessaires à la restauration de la citadelle. Si, à sa mort, les travaux n'étaient pas achevés, Jean-Pierre Cros-Mayrevieille avait cependant pu réaliser l'essentiel de ses rêves et voir dans leur force nouvelle renaître tours et appareils, défi des hommes à l'impéritie du temps.

    Gabriel Cros-Mayrevieille
    (Carcassonne 21 décembre 1858 – Narbonne 25 novembre 1948)
    fils de Jean-Pierre, est nommé en 1883 administrateur des hospices de Narbonne avant de devenir président de leur commission administrative. Il s'est spécialisé, au long de nombreux ouvrages, dans l'histoire de l'assistance publique, publiant entre autres un Traité de l'assistance hospitalière en trois volumes qui lui valut d'être couronné par l'Académie des Sciences morales et politiques. Membre du Conseil supérieur de l'Assistance publique, président d'honneur de l'Association du personnel administratif des établissements publics d'assistance il tint la même fonction à l'Exposition coloniale de 1931. Commandeur de la légion d'honneur, il fut aussi pendant plus de cinquante années maire de Bages.

    Antonin Cros-Mayrevieille
    (Narbonne 29 mai 1855 – 30 juillet 1929)
    Autre fils de Jean-Pierre, fut président du tribunal de Narbonne, où son père avait acquis une résidence après y avoir épouse une demoiselle Montagnac. Il ne négligea pas cependant Carcassonne puisqu'il fut conseiller général du canton-Est et président de la commission dite de la Cité. Outre une étude juridique, De la cessibilité des créances de Rome, on lui doit un Mémoire touchant les familles les plus anciennes de la ville de Carcassonne dont son père avait réuni les éléments.

    Fernand Cros-Mayrevieille
    (Narbonne 24 août 1882 – 4 octobre 1939)
    Fils d'Antonin, est nommé juge au Tribunal de première instance de Carcassonne. La guerre de 1914 fit revenir dans l'armée active cet officier de réserve ; promu capitaine dès 1916, il entrait dans le corps des officiers de justice militaire qu'il ne devait quitter qu'en 1937. Hanté par l'œuvre gigantesque de son grand-père, il n'eut de cesse de mettre en chantier un projet aussi ambitieux ; délaissant l'archéologie et l'histoire au profit de l'ethnographie, il créa, se dépensant sans compter, le Groupe Audois d'Etudes Folkloriques qui devait veiller aux destinées d'un Musée de l'Homme languedocien. La seconde guerre mondiale vint ruiner de dessein sans pour autant empêcher la parution de Folklore, revue d'ethnographie méridionale, à ce jour doyenne des publications françaises dans ce domaine. Son œuvre, poursuivie par son fils Jean, reste point de mire pour mieux connaître les formes de la civilisation traditionnelle.
    Jean-Pierre Piniès - Les Audois (ISBN 2-906442-07-0)

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