Achille Rouquet

    (Carcassonne 8 janvier 1851 – Paris 25 mai 1928)
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    Elève passablement nonchalant du lycée de Carcassonne, clerc de notaire pour satisfaire son père, puis commerçant pour répondre aux vœux de son épouse, Achille Rouquet était surtout un poète. Cependant ses recueils (Echos et chansons, La Chanson des mois, Reliquaire) n'occupent pas toute sa pensée puisqu'en 1883 il fonde la Société de Lecture, bibliothèque importante qui devient les années suivantes un véritable cénacle. En effet, 1886 voit naître La Revue de l'Aude qui se voulait largement ouverte à tous les courants littéraires et surtout à tous les espaces ; pour Jean l'Atacien, Gaston Jourdanne ou Timoléon Jaubert il ne s'agit plus de se faire reconnaître à Paris mais de donner à chacun la possibilité d'être publié, et éventuellement reconnu. Mistral, Roumanille, Fourès y côtoient Mallarmé, Verlaine, Tailhade…Rouquet, lui y livre ses rondels et ses ballades ou des adresses aux poètes du Midi. Le succès grandissant, en 1899 l'organe littéraire prendra le nom de Revue Méridionale qui lui restera jusqu'à sa disparition en 1916. Les plus grands noms figurent toujours dans ses colonnes mais le projet est devenu plus ambitieux car, outre les écrivains, ce sont les différentes manifestations de l'art que l'on entend accueillir, singulièrement les graveurs, et dès lors chaque numéro réserve une place aux lithographies, au bois, aux photogravures, transformant en album d'art la revue initiale. S'il en est l'âme, Achille Rouquet a bien d'autres activités ; en 1891, après avoir écrit une étude sur les Chénier il veut à toute force prouver à leur mémoire la reconnaissance de la ville et ouvre une souscription pour un monument qui n'aboutira pas à la suite d'obscurs problèmes de droit. Il aura plus de chance avec la glorification de Gamelin ou de Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, le sauveteur de la Cité. En 1892 il est à l'initiative de l'Escola Audenco (Ecole audoise du félibrige) qui organise à Carcassonne, en mai 1893, les manifestations de la " Sainte-Estelle " présidées par Mistral. Cinq ans plus tard c'est lui qui est la cheville ouvrière de la réception offerte aux " Cadets de Gascogne ". Cette fois ce sont Mounet-Sully, Pouvillon, les Sarraut, le ministre de l'Instruction publique, le directeur des Beaux-Arts, parmi d'autres personnalités, qui tiennent à honorer la ville de leur présence. Sait-on qu'il fut pour la circonstance l'auteur d'une improvisation promise au plus grand succès puisqu'il eut l'idée, à l'émerveillement des touristes et de la foule des Carcassonnais, de donner corps à une de ses visions poètiques en pratiquant le premier embrasement de la Cité ? Avec le nouveau siècle, il étend le champ de ses recherches et après avoir encouragé la vocation de ses enfants Jeanne et Auguste pour le dessin et la peinture, il se met à son tour à la gravure sur bois. La collaboration entre le père et ses enfants dura jusqu'à la mort de celui-là, fournissant entre autres ouvrages La Ville du passé, album consacré à la Cité de Carcassonne dont le fils écrivit le texte, fascinant reflet enfermé dans la pureté des lignes et du noir, hommage à une ville à laquelle il consacra le meilleur de son art.
    Jean-Pierre Piniès - Les Audois (ISBN 2-906442-07-0)

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