Exposition de peintures : Au pays des agrumes

    Du 11 au 28 février - Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 14h à 17h30

    Entrée libre

    Contact
    Maison de la région
    04.67.22.91.11.

    Je ne me préoccupe plus de l’art contemporain, je fais juste de la peinture aujourd’hui.
    Des textes à l’envers
    Ce qui semble nous différencier de l’esprit des autres espèces animales c’est un filtre spécifique, celui du langage, qui peut d’ailleurs lui aussi s’envisager comme une création de la nature, comme un reflet que la nature produit d’elle-même via l’une de ses créatures.
    Pour moi, la culture, c’est toujours la nature. Bref, l’essentiel de ce que nous pensons prend les habits du langage et ce travestissement si pratique, cette abstraction qui peut évoquer tout ce qui existe, nous met à distance de la Réalité Objective. Des textes font donc « naturellement » irruption dans ma peinture mais inversés, les pieds au plafond, car ce qu’ils voudraient exprimer nous reste inaccessible par lui, sauf peut-être lorsqu’il devient poétique, si la poésie tend bien à nous plonger et nous dissoudre dans Le Grand Tout.
    Des peintures inachevées
    Nombre de mes tableaux sont volontairement inachevés. Je leur conserve par exemple une zone seulement crayonnée ou bien où l’apprêt vierge fait surface. Dans les musées, je suis toujours attiré et fasciné par ces peintures inachevées des grands maîtres figuratifs, par les esquisses, les préparations, les modelos. La juxtaposition de zones juste crayonnées ou bien carrément de toile brute avec des zones de peinture élaborée m’est toujours apparue comme la consécration de l’artifice, comme une apothéose de la peinture dans sa dimension figurative de la représentation du « monde rétinien ». Une sorte d’épiphanie picturale. C’est une fascination primordiale, peut-être le lien direct à l’émotion qui a dû accompagner la naissance de la figuration au paléolithique.
    La peinture en noir et blanc
    Au même titre que l’inachèvement, c’est un parti-pris dont l’un des premiers bénéfices est de faire exister une peinture figurative en tant que peinture. Cette « demi-mesure », outre ses vertus vibratoires propres, permet donc au peintre de continuer à explorer la dimension figurative de la peinture. C’est une façon simple et efficace, presque primaire, d’ajouter l’homme à la nature, à parler à l’homme de sa propre nature...
    Paul Rey, 2020

    Vernissage de l'exposition le lundi 10 février à 18h30.