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Les Carcassonnais(es) à l'honneur !

14 Déc 2021

Julie Serre, auteure de « #Katharsis »

Un livre comme un outil de lutte contre les abus sexuels faits aux mineurs.

Personne n’en parlait, ou si peu il y a 20 ans encore. En l’espace d’une génération, la pédocriminalité, les abus faits aux mineurs, sont aujourd’hui socialement intolérables. Mais derrière les murs, les portes fermées des maisons, des vestiaires, des enfants souffrent en silence. La législation évolue plus lentement que la société sur le sujet et #Katharsis, le livre illustré de Julie Serre, journaliste résidant à Carcassonne, brise le silence en un appel utile et percutant.

Tout commence par un témoignage sur les réseaux sociaux en 2018. Reporter-photographe indépendante, Julie Serre y relatait les abus dont elle avait été victime dans son enfance. Le dessinateur de presse Noder avait alors réalisé le dessin d’un ours en peluche au coeur brisé, saignant à l’entrejambe. Petit à petit ce sont 40 autres artistes qui joindront l’auteure dans la rédaction de son livre. A ses côtés, Julie Serre a pu compter sur Etienne Liebig, écrivain et éducateur, chroniqueur des Grosses Têtes, et sur Sarah El Kahaz, référente départementale des Maltraitances faites aux enfants.

Julie Serre, auteure de « #Katharsis »
Julie Serre, auteure de « #Katharsis »

Par sa forme et son contenu, par l’histoire de sa réalisation, #Katharsis parle à tout un chacun : aux citoyens, aux pouvoirs publics, aux victimes d’hier comme à celles d’aujourd’hui et aux auteurs de ces crimes. Parce que briser le silence concerne toute la société par les tabous, les usages comme les lois et en particulier celle de la prescription qui couvre d’une chape de plomb toute tentative de résolution des affaires pénales, et donc de reconstruction des victimes d’abus. Les dessins comme les textes agissent comme un poing sur la table, par la nécessité d’un réveil commun. Parce qu’un viol, et à fortiori un viol de mineur, implique un lourd silence à briser pour rompre le secret, et par là-même engager une #Katharsis.

Au fil des informations illustrées par les dessins, le lecteur découvre en détail l’ampleur et la nature des abus. Les chiffres bruts des statistiques mis en perspective, prennent vie et révèlent une réalité insupportable. Au fil des pages, on s’indigne, on sourit, on est surpris, on s’attriste et on agit. On agit par l’information et la prise de conscience reçues. On agit par l’achat même de #Katharsis, publié à compte d’auteur, et dont les bénéfices sont reversés aux associations : « les Papillons » et « Le colosse aux pieds d’argile ».

Vivre à Carcassonne, dans votre travail et votre quotidien, qu’est ce que cela représente ?

Carcassonne j’y habite mais je voyage beaucoup de par ma profession de reporter photographe. Je pars souvent dans des endroits difficiles, des zones de conflits. D’origine Parisienne, j’ai grandi entre la Savoie et l’Isère, et maintenant j’ai des attaches à Carcassonne. Je pourrais aller dans une grande ville mais ici c’est différent : J’y vois mon élément, la montagne. C’est mon oxygène, l’endroit où je me sens le mieux.

Quel regard portez-vous sur la Carcassonne d’aujourd’hui ?

C’est difficile de répondre à cette question, surtout par le travail qu’exige #Katarsis. Ici à Carcassonne, dans une rue, un quartier que l’on connaît bien comme partout ailleurs, il y a des victimes qui ont besoin de sortir du silence. La ville a beaucoup changé en quelques années, mais je ne peux m’empêcher de me poser la question, où que j’aille de par le monde : le chemin est-il encore long pour en finir avec ces souffrances ?

Retrouvez et commandez #Katharsis sur www.ouvrage-katharsis.com
Par mail : serre.librepresse@gmail.com