En 1795, la salle de spectacle de Carcassonne n'est pas la propriété de la Commune. Le Couvent des Jacobins devînt, après la Révolution, propriété de l'Etat. Une première partie de 1.100 m2 comprenant l'église, le cloître, le grand escalier, l'entrée et la sacristie fût adjugée nationalement à Jean Ambry, plâtrier, par procès-verbal du 13 Germinal, An III (2 avril 1795).
Le même jour, Jean Ambry céda un quart de son acquisition au sieur Jean-François Loup, un quart aux sieurs Siffrein et Philippe Marrel, le dernier quart aux sieurs François Sébastien et Antoine Fourès. Le 26 du même mois (15 avril 1795) les sieurs Marrel et Fourès se désistèrent de l'utilité de la cession, laissant pour seuls propriétaires Ambry et Loup, chacun pour moitié. Le 5 messidor suivant (23 juin) le reste du couvent d'une superficie de 9.500 m2 à peu près, fut acquis par le même Ambry et revendu à Loup le 18 Frimaire, an IV (9 décembre 1795) ; Benoît Faral, négociant à Alzonne fut subrogé aux droits de Loup et d'Ambry sur l'ancien couvent.
Le sieur Faral n'avait acheté que dans le but de faire de l'église une salle de spectacle et de disposer des bâtiments extérieurs pour la location. Les plans furent dressés par le sieur Champagne, architecte.
La salle put être affermée à partir du 10 Vendémiaire, an V (1er octobre 1796). La dépense totale d'après le compte rendu par Faral le 2 Ventose, an V (20 février 1797) s'éleva à la somme de 141.946 livres, 11 sols, 5 deniers. La salle devînt ensuite la propriété exclusive du sieur Hertz associé au sieur Faral, dans l'entreprise. Elle fût vendue à Monsieur Casimir Courtejaire.
La Ville de Carcassonne louait par bail à M. Casimir Courtejaire cette salle de spectacle ayant la principale entrée rue de la Comédie. Celui-ci, désireux de faire un acte de bienveillance en harmonie avec ses sentiments et de nature à procurer à sa ville natale des dépenses considérables pour la construction d'un théâtre municipal, a, par acte du
10 octobre 1874 fait donation de ce bâtiment à la Ville de Carcassonne avec tout le matériel, les décors, immeubles par destination qui le composent, sous réserve de conserver à l'immeuble légué sa destination de salle de spectacle.
M. Casimir Courtejaire est décédé le 31 mars 1887. Ses héritiers, ont consenti à la Ville, les 2, 4 et 8 Décembre 1931, l'autorisation de procéder à tous travaux de restauration, de réfection, et de reconstruction de n'importe quelle nature, sous la seule réserve que, si le théâtre était démoli, une nouvelle salle de spectacle serait réédifiée avec un nombre de places au moins égal à celui de la salle d'origine.
Les 22 avril 1920, et 8 janvier 1935. La Ville achetait deux immeubles, mitoyens de l'immeuble Courtejaire et un projet de construction d'un nouveau théâtre se dessinait, l'ancien édifice menaçait ruine et n'offrait aux spectateurs qu'un confort peu apprécié. A l'étroitesse de la scène s'ajoutait bien des désagréments : l'insuffisance du parterre et la médiocrité de l'installation s'aggravaient encore du délabrement de l'immeuble tout entier et de l'impossibilité de dégagement en cas de sinistre. Tous ces problèmes, expliquaient la désaffection frappant la vie artistique locale.
L.Riba - Historique sommaire et origines des propriétés de la Ville de Carcassonne - 1948
Le Conseil Municipal suivant une délibération du 9 juillet 1929 décidait de reconstruire un nouveau théâtre, sur l'emplacement de l'ancienne salle de spectacles et des deux immeubles nouvellement acquis.
Les travaux commencés le 19 juillet 1933 finirent le 27 décembre 1935, sous la direction de l'architecte parisien Marcel Oudin, secondé par le Carcassonnais Raymond Esparseil.
La question la plus difficile à résoudre était de construire un ensemble monumental dans une ceinture de rue étroites en évitant l'impression d'étouffement qui pourrait en résulter.
Or le passant n'est pas gêné par cette construction surélevée et semble trouver normal l'emplacement choisi, dont l'architecte a su tirer parti grâce à une habileté consommée.
Le résultat est, pour l'essentiel, le théâtre tel que nous le connaissons, orné de colonnes et de pilastres en marbre mais bâti en travertin romain : cette roche calcaire extraite de Tivoli avait été très employée par les Romains de l'époque impériale comme revêtement de luxe. Le souci d'utiliser seulement des matériaux riches se combine dans cette réalisation avec le style architectural des années " 30 ", basé sur la rectitude des lignes, la netteté des contours et la symétrie dans la proportion des ouvertures.
Le gros œuvre fut réalisé par l'entreprise Fiorio, de Limoux, alors dirigée par les fils du fondateur, Georges, diplômé de Centrale, et Henri. La construction utilise la technique du béton précontraint, qui consiste à armer le béton avec des aciers très fortement tendus, ce qui confère à l'ensemble des caractéristiques particulières de résistance et d'élasticité. Cette technique, jointe à une conception nouvelle des cadres porteurs, permit la réalisation des porte-à-faux des divers balcons : cela évita les poteaux intermédiaires disgracieux et masquant une partie de la scène à certains spectateurs. Le béton précontraint, connu depuis 1888, ne sera vraiment développé qu'après la Seconde Guerre mondiale, c'est donc en 1933 une réalisation très novatrice.
Les solutions techniques étaient si audacieuses qu'elles furent le fait d'entreprises étrangères à la Ville, à la notable exception du serrurier Laborde et, pour le chauffage, de la maison Garric, dont l'ingénieur, M. Octave Clauson, mit en place des principes encore très peu employés.
Un réseau de gaines en plâtre sur châssis métallique distribue l'air traité en partie haute de la salle, tandis que l'air repris en partie basse est amené par un autre réseau de gaines à la centrale de traitement d'air : une partie est recyclée, l'autre remplacée par de l'air extérieur. Par ailleurs, des rampes de pulvérisation maintiennent une hygrométrie de 60 % à l'air traité et des filtres à bain d'huile débarrassent l'air des poussières. Les batteries d'eau chaude de la centrale étaient alimentées par deux chaudières munies de brûleurs à fioul léger, combustible peu employé à l'époque et aujourd'hui remplacé par le gaz naturel.
Quant aux grandes compositions décorant l'escalier d'honneur et le mur situé au-dessus de la scène, elles sont dues au peintre Gustave Jaulmes, né à Lausanne (1873-1959), grand prix de Rome, qui orna notamment le grand foyer du Palais de Chaillot et celui du Bureau International du travail à Genève. La " Fête champêtre " qui décore la salle représente des jeunes gens en costumes grecs classiques applaudissant les danses légères de trois jeunes filles accompagnées au pipeau. Un berger et son troupeau à gauche, un jeune patricien à droite, goûtent la beauté du spectacle.
Cet ensemble vraiment novateur fut inauguré le 8 Juillet 1935, par une conférence du grand écrivain, Paul Valéry, lors d'une séance solennelle présidée par Albert Sarraut.
Dépêche du Midi – Claude Marquié – 13 décembre 1998
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Samedi 12 Juin au Lundi 27 Septembre 2010 - Halle à la Volaille, rue Verdun

Lundi 14 Juin au Vendredi 3 Septembre 2010 - locaux de la Direction de l'Urbanisme, 3ème étage de l'Hôtel de Ville, 32 rue Aimé Ramond


Lundi 5 Juillet au Samedi 16 Octobre 2010 - chapelle des Dominicaines, 19 rue de Verdun

Samedi 4 Septembre 2010 à 21h30 - Théâtre Jean-Deschamps

Samedi 4 Septembre 2010 à 18h30 - Stade Albert Domec

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